MRE : Transfert de Capitaux, SWAP et Office des Changes (2025)

Envoyer des fonds vers le Maroc, rapatrier des revenus, réaliser un SWAP, détenir des avoirs à l'étranger… Toutes ces opérations entrent dans le champ de la réglementation des changes. Ce guide vous explique les règles clés applicables aux MRE en 2025, pour rester parfaitement en conformité avec l'Office des Changes.

L'Office des Changes est l'institution publique marocaine chargée de contrôler les mouvements de devises entre le Maroc et le reste du monde. Pour un MRE, comprendre ses règles est essentiel avant tout transfert significatif, qu'il s'agisse d'un achat immobilier, d'une création d'entreprise ou d'un simple SWAP familial.

À retenir : au Maroc, le dirham n'est pas totalement convertible. Toute opération de change se fait dans un cadre défini par l'Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC) publiée par l'Office des Changes.

1. Rôle de l'Office des Changes

L'Office des Changes a plusieurs missions clés :

  • Édicter la réglementation des changes (IGOC, circulaires).
  • Contrôler les opérations avec l'étranger (commerce, services, capitaux).
  • Établir les statistiques des échanges extérieurs et de la balance des paiements.
  • Sanctionner les infractions à la réglementation.

Les banques marocaines jouent un rôle d'intermédiaire agréé : elles exécutent les transferts uniquement si l'opération est conforme à l'IGOC, et alimentent les bases de données de l'Office.

2. Statut de résident / non-résident

La réglementation distingue trois statuts :

  • Résident : personne ayant son domicile au Maroc (au sens de la réglementation des changes).
  • Non-résident : personne domiciliée à l'étranger depuis plus de six mois.
  • MRE : marocain résidant à l'étranger, traité comme non-résident avec des dispositions particulières favorables.

Le statut de MRE ouvre droit à un régime spécifique, notamment la possibilité de détenir un compte en dirhams convertibles et un compte en devises auprès des banques marocaines.

3. Compte en dirhams convertibles : conditions d'usage

Le compte en dirhams convertibles est ouvert dans une banque marocaine au nom du MRE ou du non-résident. Il permet :

  • de recevoir des virements en devises depuis l'étranger, convertis en dirhams ;
  • de financer des investissements au Maroc (immobilier, entreprises, placements financiers) ;
  • de reconvertir librement le solde en devises et de le rapatrier vers l'étranger ;
  • de recevoir les loyers, dividendes ou plus-values générés par l'investissement d'origine.

Les sommes alimentant ce compte doivent impérativement provenir de devises importées via un intermédiaire agréé. Les espèces non justifiées ou les virements internes entre comptes domestiques ne donnent pas droit au régime convertible.

4. Transferts autorisés de l'étranger vers le Maroc

Les transferts entrants en devises sont globalement libres, dès lors qu'ils sont tracés :

  • salaires, retraites, pensions versées à un MRE ;
  • envois familiaux (aide aux parents, frais d'études) ;
  • investissements (immobilier, apport en société, dépôts bancaires) ;
  • remboursements de prêts accordés à des entités marocaines.

La banque marocaine enregistre chaque opération et délivre un avis de crédit. Ce document est la preuve d'importation de devises, indispensable pour un éventuel rapatriement ultérieur.

5. Transferts autorisés du Maroc vers l'étranger (rapatriement)

Les transferts sortants sont plus encadrés. Pour un MRE, sont notamment autorisés :

  • le rapatriement du solde du compte en dirhams convertibles ;
  • le rapatriement des revenus d'investissement (loyers, dividendes) après paiement des impôts ;
  • le rapatriement du produit de cession d'un investissement, dans la limite de l'apport initial en devises et des plus-values correspondantes ;
  • le transfert de certaines dotations pour voyages, études, soins, selon les plafonds fixés par l'IGOC.

Chaque opération nécessite un dossier justificatif : acte notarié, attestation fiscale, bulletin de paie, etc. La banque procède ensuite au transfert et déclare l'opération à l'Office des Changes.

6. Les opérations de SWAP (échanges de devises)

Dans le langage courant, un "SWAP" désigne souvent, pour un MRE, un échange informel de devises avec un particulier au Maroc : on remet des dirhams à une tierce personne au Maroc et on reçoit en échange des euros, livres ou dollars à l'étranger. Cette pratique est prohibée : elle contourne le marché des changes officiel et constitue une infraction à la réglementation.

Au sens financier, le SWAP est un instrument bancaire légal pratiqué par les banques agréées dans le cadre de leurs opérations de change. Pour un particulier, la règle est simple : passer par un intermédiaire agréé (banque ou bureau de change agréé).

Attention : participer à un SWAP informel peut entraîner des sanctions financières importantes, y compris pour le MRE, même résidant à l'étranger, et compromettre ses futures opérations bancaires au Maroc.

7. Déclaration obligatoire des avoirs à l'étranger

Les personnes physiques résidentes au Maroc (ce qui n'inclut pas les MRE résidant à l'étranger) doivent déclarer chaque année leurs avoirs et revenus détenus à l'étranger, conformément à la réglementation de l'Office des Changes.

Un MRE qui rentre définitivement au Maroc devient résident et doit alors :

  • Déclarer ses comptes bancaires étrangers ;
  • Déclarer ses biens immobiliers et valeurs mobilières à l'étranger ;
  • Suivre le régime de conversion / conservation des actifs prévu pour les nouveaux résidents.

8. Sanctions et régularisation

Les infractions à la réglementation des changes sont sanctionnées par des amendes proportionnelles au montant de l'opération, qui peuvent atteindre plusieurs fois la valeur de l'infraction. Les sanctions peuvent être cumulées avec :

  • la confiscation des sommes ou biens concernés ;
  • des poursuites pénales dans les cas les plus graves (blanchiment, trafic) ;
  • l'inscription sur des listes négatives bancaires.

En cas de situation irrégulière passée (compte étranger non déclaré, SWAP informel, etc.), il est parfois possible de bénéficier d'une procédure de régularisation lorsque l'État en ouvre une, moyennant le paiement d'une contribution libératoire. Ces dispositifs sont ponctuels et précisés par la loi de finances.

9. FAQ – Questions fréquentes

Existe-t-il un plafond pour envoyer de l'argent de l'étranger vers le Maroc ?

Non, les transferts entrants en devises vers un compte ouvert au nom du MRE sont libres. Les banques appliquent néanmoins leurs propres procédures de vigilance (lutte anti-blanchiment).

Je veux revendre mon appartement et rapatrier le prix : quelles conditions ?

Vous devez prouver l'importation initiale des devises ayant financé l'achat (avis de crédit, acte notarié). La banque rapatrie alors le prix de cession dans la limite de l'apport initial et des plus-values correspondantes, après paiement de la TPI.

Puis-je détenir un compte en devises au Maroc ?

Oui, les MRE peuvent ouvrir un compte en devises auprès d'une banque marocaine. Ce compte est alimenté uniquement par des versements en devises et permet notamment de lisser le change.

Les SWAP informels sont-ils sanctionnés même si personne ne porte plainte ?

Oui. Les banques, dans le cadre de leur vigilance, peuvent détecter des schémas anormaux et signaler l'opération. L'Office des Changes peut engager des poursuites de sa propre initiative.

Dois-je déclarer mon compte bancaire français si je suis MRE en France ?

Tant que vous résidez à l'étranger, vous n'êtes pas soumis à cette obligation au Maroc. Elle s'applique aux résidents fiscaux marocains. En revanche, vous devez respecter la réglementation de votre pays de résidence.

Avant toute opération sensible (gros transfert, SWAP, régularisation), faites valider votre dossier par un professionnel afin d'éviter tout risque de sanction.

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